Qui suis-je ?

Comment me définir, indépendamment de ce qu'en pense le monde ?

Concept

Pour Ralph Waldo Emerson :

être soi-même dans un monde qui tente sans cesse de faire de nous autre chose est le plus grand exploit qui soit.

Être soi-même est un sujet central du développement personnel, voire sa finalité.

Mais finalement, qui suis-je ? Et être moi, c'est quoi ?

Réaction

Pour le moment, je n'ai réussi à répondre à cette question que par élimination…

Je ne suis pas Hugues Le Gendre. C'est le prénom donné par mes parents et le nom de mon père. Même si c'est intégré profondément en moi, je pourrais changer ce nom, donc ça ne peut clairement pas définir qui je suis au fond.

Je ne suis pas un coach et facilitateur. Même si je me présente souvent à des inconnus en commençant par mon métier, ça n'est pas moi. Il s'agit de compétences ou de moyens d'action dans le monde que j'ai aujourd'hui. Elles ont beaucoup évolué dans le temps, et je les partage avec beaucoup de monde.

Je ne suis pas ce que je possède ou ce que j'apparais aux autres, mon statut, mes personnages1. C'est une tendance lourde de la société, mais je travaille à m'en libérer.

Je ne suis pas mes pensées. Elles sont parfois profondes, fuyantes ou futiles. Elles changent avec mon environnement, mon état émotionnel et sont soumises à de nombreux biais. En tout cas, je peux les observer et voire les laisser filer, donc elles ne peuvent donc pas être moi.

Je ne suis pas ma souffrance. Elle est, elle aussi, construite par mon esprit.

Je ne suis pas mon égo. C'est l'image, consciente ou non, que j'ai de moi-même, que je construis au contact notamment des autres.

Je ne suis pas mes valeurs ou mes croyances. Même si elles sont assez proches de moi-même et qu'elles définissent ma façon2 de voir le monde, d'y réagir, de m'y mettre en action. Mais elles peuvent changer avec le temps ou les expériences3.

Alors que moi, tout au fond, je suis toujours le même, non ? Je traverse la vie avec une forme de continuité.

Et surtout, je me sens unique.

J'ai du mal à aller plus loin dans la réponse. Cette difficulté n'est pas complètement étonnante : on parle d'une question qui anime les philosophes depuis quelques millénaires…

À la fin, je me dis qu'avoir déjà conscience de ce que je ne suis pas est une bonne première étape. C'est suffisfaisant4, à défaut d'être satisfaisant. Et j'ai encore la vie pour creuser la question.

Comme le dit Emerson, le monde peut chercher à me coller des étiquettes et me faire croire qu'elles sont moi. Donc il y a déjà du travail pour maintenir cette conscience.

Invitation

Qu'est-ce qui serait différent si je creusais plus souvent cette question ? Pas pour un intérêt philosophique, mais pour réussir plus pratiquement à ne pas être ce que le monde essaie de faire de moi, sans mon accord.


  1. À relire : personnage↩︎

  2. À relire : histoire ?  ↩︎

  3. Ou un bon coaching↩︎

  4. À relire : suffisfaisant↩︎