Développer l'empathie

Comment muscler cette capacité à me connecter à l'autre ?

Ces jours-ci, j'écris autour du sujet de l'empathie et ce qu'elle permet.1

Concept

L'empathie est une compétence clé du développement personnel et professionnel. Elle est notamment très utile dans le processus d'innovation et de design centrés sur l'humain, notamment le design thinking dont elle est une étape explicite.

Et, comme toute compétence, elle peut se travailler !

Une première façon de l'entraîner est de pratiquer l'écoute silencieuse. Écouter simplement une personne pendant un temps conséquent, sans l'interrompre, sans rebondir sur mes propres expériences, sans projeter2 mes propres idées, sans réfléchir à la prochaine question que je lui poserai. Être simplement avec elle est un exercice simple et compliqué, car il nécessite « une vacuité de toutes les facultés. » 3

Une variante4 consiste à pratiquer une marche d'empathie avec quelqu'un. Je peux profiter de ce voyage physique pour faire un voyage empathique, en allant à la rencontre de l'autre.

Une deuxième façon de l'entraîner est de la pratiquer sur moi : c'est l'auto-empathie. En me plaçant en méta5, je peux déployer le processus de la CNV6 sur moi-même. Partant des émotions que je ressens, je détermine les circonstances objectives qui en ont contribué à leur apparition et surtout, je m'intéresse à la compréhension du besoin qui est touché. En l'accueillant chez moi, j'apprends aussi à l'accueillir chez l'autre.

Une troisième façon de l'entraîner est de pratiquer la synchronisation, sans tomber dans la manipulation. Le fait de synchroniser mes comportements et les mots que j'utilise avec ceux de la personne en face de moi va activer mes neurones miroirs7. Cela va mettre mon interlocuteur dans des conditions plus favorables de partage. Et cela va créer chez moi des conditions favorables à l'apparition de l'empathie.

Réaction

J'imagine qu'il y en a d'autres, je suis preneur de retours !

Il y a quelques points d'attention à garder en tête  :

  • bien travailler la distance que je garde avec l'autre pour éviter l'identification : je deviens avec la personne, mais pas à sa place
  • je dois suspendre mes projections8 ainsi que mes suppositions9
  • je ne dois pas me concentrer uniquement sur les mots prononcés, mais ce qui l'accompagne

Ce dernier point est important :

Voici un principe qui, selon nous, allonge de manière significative l'espérance de vie de ceux qui l'appliquent : ne jamais croire ce qui est exprimé ! En attachant le moins d'importance possible au message littéral, nous pouvons nous centrer sur sa force de vie, parfois cachée derrière les mots.10

Invitation

Qu'est-ce qui serait différent si je musclais un peu ma capacité d'empathie ?


  1. Les idées sont tirées d'une mini-formation que j'ai donnée plusieurs fois à EDF en 2019. J'en donne régulièrement sur des sujets de développement personnel et professionnel. ↩︎

  2. À relire : projection↩︎

  3. Selon Tchouang Tseu. À relire : empathie↩︎

  4. Proposée par la Théorie U, qui sera abordée plus tard. ↩︎

  5. La position méta est une position où je me dissocie de moi-même pour m'observer, de haut ou de côté. ↩︎

  6. Je peux m'aider des listes des émotions et des besoins, déjà partagées ici : communication non violente↩︎

  7. À relire : neurones miroirs↩︎

  8. Pour les projections, voir cet apprenti-sage et tous ceux qui y sont liés. ↩︎

  9. C'est l'un des 4 accords toltèques, qui seront abordés bientôt. ↩︎

  10. Jean-Philippe Faure et Céline Girardet, L'empathie, le pouvoir de l'accueil, 2013. ↩︎