Perdre sans jouer

Comment ne pas me laisser embarquer dans une course vers le fond ?

Concept

On a déjà évoqué l'adaptation hédonique1 : 6 mois après avoir gagné à la loterie, je reviens à mon niveau de bonheur d'avant, je ne suis finalement pas plus heureux.

D'ailleurs, il se trouve2 qu'un tiers des gagnants à la loterie américaine Powerball déclarent faillite quelques années plus tard !

La Française des Jeux nous indique que 100 % des gagnants ont tenté leur chance.

C'est vrai. Mais je pensais que 0 % des perdants n'avait pas tenté leur chance. C'est-à-dire que si je ne joue pas, au moins je ne peux pas perdre… Alors qu'en fait si !

Des études aux États-Unis ont montré que lorsque mon voisin gagne à la loterie, j'ai un risque accru de faire faillite.3

Cela crée une distorsion dans le voisinage – qui normalement possède à peu près le même niveau de vie – et une pression sociale se met en place. Ainsi, les voisins du gagnant se mettent à dépenser plus. L'effet est spectaculaire : le risque de faillite des voisins augmente de 2,4 % pour chaque $1 000 gagnés.

Réaction

Finalement, j'ai une chance sur trois de perdre si je gagne, 100 % de chance de perdre si je ne gagne pas et je risque de perdre même si je ne joue pas parce que mon voisin a gagné.

L'apprentissage pour moi ici : ne jamais oublier cette statistique afin de ne pas me laisser embarquer dans une course à l'échalote.4

Invitation

Qu'est-ce qui serait différent si j'évitais un peu plus ces situations où je perds à tous les coups ?


  1. À relire : adaptation hédonique↩︎

  2. Voir cet article en anglais sur le site Fortune↩︎

  3. Lu dans la newsletter Now I know du 16 juin 2020 How to Lose the Lottery Without Even Playing↩︎

  4. À relire : échalote↩︎