Besoins sociaux

Comment les soigner au niveau de l'importance que leur donne mon cerveau ?

Concept

Des avancées récentes1 en neurosciences et sociologie montreraient que les circuits du cerveau chargés de nourrir mes besoins primaires de survie servent aussi pour mes besoins sociaux.

Ils se basent sur la maximisation de la récompense et la minimisation de la menace, la seconde ayant un impact disproportionné.

Le coach américain Ed Batista partage2 un modèle1 intéressant qui capture les facteurs pouvant activer ces deux réponses dans des situations sociales – p. ex. collaboration d'un groupe, évènement familial, etc. – :

  • le statut : l'importance relative que j'ai ou me donne par rapport aux autres
  • la certitude : la capacité à pouvoir prédire le futur, ancestralement pour conserver de l'énergie
  • l'autonomie : la perception de contrôle sur mon environnement
  • la reliance : le lien et la sécurité avec les autres
  • l'équité : la justice des échanges avec les autres

Réaction

Pour simplifier : alors même que mes besoins sociaux viennent après mes besoins de sécurité d'après la pyramide de Maslow, mon cerveau les traite d'une façon équivalente.

La perception de changement de statut, même sur des critères ridicules, peut entraîner une réponse forte. Ceci peut arriver facilement dans un contexte professionnel, par exemple si un projet est donné à une autre personne plutôt qu'à moi.

L'incertitude peut avoir des impacts positifs – dépassement – ou négatifs – panique – en fonction de son amplitude3. Ce thème est naturellement présent de nos jours, où comme le disent les Américains, nous sommes entrés dans une période VUCA4.

L'autonomie est très liée à l'incertitude et il a été montré que même une petite dose entraîne de grands effets positifs. En effet, mon niveau d'autonomie décrit ma capacité à naviguer dans mon contexte, même si celui-ci est difficile, sans le subir.

Le niveau de reliance impacte les chemins neuronaux utilisés : je ne vais pas réagir de la même façon à une personne perçue comme différente. Ainsi, souligner mes similarités à l'autre permet de le percevoir comme faisant partie du même groupe. Et ça déclenche une réponse positive dans mon cerveau par la sécrétion de l'hormone ocytocine. Et au fond, nous avons tous les mêmes besoins5.

L'équité et surtout son absence dans certaines relations peuvent avoir des conséquences négatives très fortes, et même irrationnelles6.

En connaissance de ces 5 sujets, libre à moi de concevoir ou de choisir des environnements – de travail, de famille – minimisant les réponses négatives et maximisant plutôt les circuits neuronaux de la récompense.

Invitation

Qu'est-ce qui serait différent si je donnais du soin à ces cinq critères et que je renforçais la sécurité physique, sociale et psychologique de ceux qui m'entourent ?


  1. D. Rock, « SCARF: A brain-based model for collaborating with and influencing others », NeuroLeadership Journal, 2008. ↩︎ ↩︎

  2. Lire l'article (en anglais). ↩︎

  3. À relire : hormèse↩︎

  4. C'est l'acronyme anglais pour volatile, incertain, complexe et ambigu. ↩︎

  5. À relire : niveaux logiques↩︎

  6. À relire : réciprocité irrationnelle↩︎