Kintsugi

Comment souligner mes imperfections et mettre en valeur mes fêlures ?

Concept

Lorsque l'Occidental casse un bol qui lui plaît, il sort la super-glue et essaie de le réparer en espérant le réassembler sans que cela se voie trop.

Les Japonais ont une autre vision du monde sur ce sujet. Ils l'appellent kintsugi : c'est l'art ancestral de réparer un objet cassé avec de l'or.1 La cassure est élargie et remplie d'une laque saupoudrée de poudre d'or pour reformer l'objet d'origine.

Réaction

D'une certaine manière, l'objet prend encore plus de valeur. On lui en a donné en utilisant un métal noble et cher pour le réparer. Mais surtout, on l'a prolongé dans la vie, en mettant en lumière son histoire.

Le fait d'avoir été cassé n'a pas détruit son identité et sa fonctionnalité. Il en est ressorti lui-même et en même temps tout autre.

Le kintsugi est une déclinaison de la pensée japonaise du wabi-sabi, qui incite à reconnaître la beauté des choses simples, imparfaites ou atypiques.

Le parallèle avec mes fêlures est très facile, presque trop. Mais je n'y résiste pas.

Je pourrais avoir tendance à vouloir cacher mes cicatrices au monde. Au sens propre, notamment mes rides, mais surtout au sens figuré. Alors qu'elles sont les souvenirs des étapes et parfois des épreuves qui ont marqué mon chemin. Sans elles, je ne serais pas devenu la personne que je suis aujourd'hui.2

Le kintsugi m'apprend à donner du soin à mes fêlures, voire à leur donner ce que j'ai de plus cher.

Le kintsugi m'encourage à les montrer au monde, voire à les mettre spécialement en lumière.

Le wabi-sabi m'invite aussi à persévérer dans le minimalisme3.

Invitation

Qu'est-ce qui serait différent si j'assumais plus et même magnifiais mes fêlures ?


  1. Joli exemple ici↩︎

  2. À relire : qui suis-je ?  ↩︎

  3. À relire : bien-être et minimalisme↩︎