Ce qui dépend de toi

Comment intégrer cette punchline des stoïciens ?

Concept

Attribuée alternativement à Marc Aurèle1, ou à Épictète2, cette pensée résume la philosophie stoïcienne sur le sujet de la dichotomie du contrôle3 :

Ce qui dépend de toi, c'est d'accepter ou non ce qui ne dépend pas de toi.

Réaction

Elle a vraiment un petit goût de punchline, à tel point qu'elle aurait pu être inventée par un publiciste américain…

En tout cas, je trouve qu'elle marche bien !

La complexité se cache dans l'évaluation de ce qui ne dépend pas de moi. Car suivant ce que j'y mets, cette maxime est plus ou moins compliquée à observer.

Dans son Manuel4, à la première ligne, Épictète aide à faire le tri :

Des choses les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous. Ce qui dépend de nous, ce sont nos jugements, nos tendances, nos désirs, nos aversions, en un mot tout ce qui est opération de notre âme ; ce qui ne dépend pas de nous, c'est le corps, la fortune, les témoignages de considération, les charges publiques, en un mot tout ce qui n'est pas opération de notre âme.

Dans mon combat perpétuel entre tirer et relâcher5, je ne peux pas m'empêcher de me dire que certains des éléments de la seconde catégorie dépendent un peu de moi : le soin que je donne à mon corps, les opportunités que j'essaie de provoquer, etc. Néanmoins, je dois me souvenir que toutes ces choses ont tout de même une composante forte qui ne dépend pas de moi. Ainsi, je peux essayer de les améliorer, tout en gardant une forme de détachement par rapport à elles.

Un exercice que je ne trouve vraiment pas évident ! D'autant plus que ma souffrance apparaît exactement dans l'espace entre ce qui est et ce que je voudrais qu'il soit.

Invitation

Qu'est-ce qui serait différent si je faisais mieux cette part des choses ?


  1. Par de nombreux sites internet de citations… ↩︎

  2. Dans Charles Pépin, Les vertus de l'échec, 2016. ↩︎

  3. À relire : pensées pour lui-même↩︎

  4. Épictète, Manuel, 2015. ↩︎

  5. À relire : tirer et relâcher↩︎