Kintsugi

Mettre en valeur nos fêlures, souligner nos imperfections

Lorsque nous cassons un bol qui nous plaît, nous allons sortir la super-glue et essayer de le réparer en espérant le ré-assembler sans que cela ne se voit trop.

Les Japonais ont une autre vision du monde sur ce sujet. Ils l'appellent kintsugi : c'est l'art ancestral de réparer un objet cassé avec de l'or.1

D'une certaine manière, l'objet prend encore plus de valeur. On lui en a donné en utilisant un métal noble et cher pour le réparer. Mais surtout, on l'a prolongé dans la vie, en mettant en lumière son histoire. Le fait d'avoir été cassé n'a pas détruit son identité et sa fonctionnalité. Il en est ressorti lui-même et en même temps tout autre.

Le parallèle avec nos fêlures est très facile, presque trop. Mais je n'y résiste pas.

On peut avoir tendance à vouloir cacher nos cicatrices au monde. Au sens propre – et notamment nos rides – mais surtout au sens figuré. Alors qu'elles sont les souvenirs des étapes et parfois des épreuves qui ont marqué notre chemin. Et sans elles, nous ne serions pas qui nous sommes aujourd'hui.2

Le kintsugi nous apprend à donner du soin à nos fêlures, voire même à leur donner ce que nous avons de plus cher.

Le kintsugi nous apprend à les montrer au monde, voire même à les mettre spécialement en lumière.


  1. joli exemple ici ↩︎

  2. mais qui sommes-nous au juste ? ↩︎