Pour qui est le pardon ?

Changer de destinataire peut alléger l'existence

Dans la série citations-de-développement-personnel-qu'on-voit-sur-Instagram-mais-qui-sont-tout-de-même-pas-si-mal, je suis tombé sur celle-ci1 :

Pardonne aux autres, non pas parce qu'ils méritent le pardon, mais parce que tu mérites la paix

– Jonathan Lockwood Huie

C'est marrant, ça fait 5 minutes que je suis devant mon clavier et je n'arrive pas vraiment à écrire quelque chose sur ce sujet. Pourtant, quand je relis la citation, je la trouve puissante. C'est peut-être parce que le pardon est un vaste sujet et je ne suis pas sûr de vouloir l'ouvrir maintenant.

Ou bien parce que je ne me sens pas très pertinent… Peut-être n'ai-je jamais vraiment eu de choses lourdes à pardonner ? Ou bien peut-être est-ce plutôt la stratégie inconsciente que je peux avoir face à ces choses. Moi, j'oublie vite les choses qui m'arrivent et je ne garde pas vraiment de rancœur… Je ne crois pas que ce soit du pardon du coup. Plutôt de l'oubli.

En fait, peut-être que je pratique sans le savoir cette bonne idée de Jonathan Lockwood Huie ?

Finalement, et comme souvent, on retombe sur le sujet du contrôle. Je crois qu'il n'est qu'une illusion dans bien des cas. Et la souffrance apparaît lorsque je ne l'accepte pas, lorsque ma vision de « comment les choses devraient être » se heurte à « comment elles sont. » 2

L'une des philosophies qui ont le plus influencé ma vie est le stoïcisme qui insiste lourdement sur cette séparation forte à faire entre les choses que je contrôle et celle que je ne contrôle pas.3

Et je pense qu'on retrouve ici quelque chose de stoïcien : concentre-toi sur ce que tu peux changer, c'est-à-dire toi-même et ta relation au « problème ».

Autre chose me vient au sujet de la cause du pardon, cette fois. Lorsque la chose à pardonner est une parole prononcée à notre égard, n'oublions pas que ce que l'autre nous dit parle de lui-même et pas de nous-même.4 Cette idée met dans une disposition totalement différente vis-à-vis de l'autre.

Ces deux prises de conscience permettent quelque chose de beau et nécessaire pour vivre serein : pardonner aux autres devient un cadeau adressé à toi.


  1. pas sur Instagram, hein 😅 (je n'y vais pas), mais sur ce site qui contient 2-3 perles, à propos desquelles j'écrirai probablement ici ↩︎

  2. on retombe sur le sujet de la perception de la réalité que j'ai pas mal développé hier. ↩︎

  3. alors, ça pose tout de même beaucoup de questions corollaires : quelles choses sont à la limite ? puis-je les influencer si je le voulais vraiment ? du coup, où est-ce que je trace une limite pour éviter de gaspiller mon énergie ? et finalement, est-ce grave de gaspiller son énergie pour la bonne cause ? comment ne pas tomber dans le fatalisme avec tout ça ? etc. ↩︎

  4. j'ai déjà exploré cette idée que les choses que je dis parlent de moi plus en détail ↩︎