Hugues Le Gendre

(note n°191 du )

(note reprise dans l'almanach : aller lire la version enrichie)

Contraste mental

Mes rêveries sont à double-tranchant, à la fois inspirantes mais aussi suffisantes

Mes rêveries sont des plans que je formule dans ma tête et qui me permettent d’explorer un état futur que je désire. Je peux y être un écrivain, un menuisier, ou à la tête d’une startup qui change le monde...

Cette pensée positive m’inspire. Elle m’aide à explorer mon « moi idéal » — la personne que je voudrais être le reste de ma vie. Si tant est que j’aie envie de me figer pour les 40 prochaines années ! Elle peut aussi servir d’échappatoire, pour adoucir un quotidien trop en décalage avec ma vision.

Il semblerait néanmoins que ces rêves m’éloignent en fait de leur réalisation. Un peu comme le retour du bâton de la pensée positive.

Le psychologue Gabriele Oettingen a montré1 exactement ce phénomène. À sa source : le fait que lorsque je réalise virtuellement mes rêves, cela produit en moi les mêmes effets — temporaires — que lorsque je les réalise réellement. Inconsciemment, je confonds mes rêves et la réalité, et ça me suffit ! Cela a été observé à propos de gens souhaitant perdre du poids, obtenir une réussite académique, faire plus d’exercice, avoir de meilleures relations amoureuses, etc.

D’un côté, c’est bien : je peux choisir de vivre en dehors de la réalité et obtenir les bienfaits de ma vie rêvée. Mais le réveil est dur. Ma souffrance se trouve dans le décalage entre ce qui est et ce que je voudrais qu’il soit. Et ces rêves-là peuvent me faire faire un grand écart...

Oettingen propose une pratique très efficace pour contrer ce phénomène : le contraste mental. Cela consiste en 4 étapes :

La 3e étape, qui fournit le contraste est primordiale pour débloquer la suite.

Finalement, c’est assez proche d’un processus de coaching : je me projette dans un état désiré, je définis un objectif précis, je regarde ou je redécouvre les ressources à ma disposition pour y aller, j’identifie les freins qui m’empêchent de me mettre en mouvement et je les transforme.

Ainsi, la visualisation positive, c’est bien... mais ça n’est qu’une étape.

Notes & références

  1. Gabriele Oettingen et Klaus M. Reininger, « The power of prospection: mental contrasting and behavior change », Social and Personnality Psychology Compass, 2016, 10, p 591-604.

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Je m'appelle Hugues Le Gendre et je convertis les problèmes complexes de mes clients en opportunités d'agir autement et de nous transformer (eux et moi).

Mes notes d'apprenti-sage sont la collection des petites choses du quotidien qui me nourrissent, modifient mes modèles mentaux, affinent ma philosophie de vie et me guident sur mon chemin d'apprenti-sage.

Une partie d'entre elles a été réunie dans un almanach : une invitation quotidienne au développement personnel et professionnel. En partageant des théories et des pratiques, documentées précisément et mises en lien avec la vraie vie, et en posant une question importante par jour, il contribue à devenir plus conscient⸱e, s'examiner honnêtement et actualiser sa propre philosophie de vie. En tout cas, ça en a été l'effet sur moi et sur des milliers de lecteurs depuis que je publie mon journal !
Il donne aussi une idée de ce que je cherche à insuffler dans mes interventions.

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