Moment présent

Quelques idées d'Eckhart Tolle autour de la présence et de l'illumination

Il y a quelque temps, j'ai lu Le pouvoir du moment présent1 d'Eckhart Tolle. Dans la littérature du développement personnel, c'est une pierre angulaire, un livre très important bien que son côté spirituel puisse rebuter certains. Il remet l'éternel moment présent, le seul qui existe vraiment, au cœur de notre vie. C'est un livre que j'ai trouvé assez dur à lire finalement et je voulais en documenter quelques idées clés, d'une façon synthétique, mais un peu dense.

Le moment présent est tout ce qu'on a, tout ce qui est. C'est l'espace éternel dans lequel se déploie notre vie et il devrait en être le centre d'attention. En effet, le passé et le futur ne sont que des projections mentales de ce qui a été et de ce qui pourrait être. Ils n'existent pas – car pas encore ou plus – et on ne devrait pas y perdre du temps.

Rien ne se passe dans le passé ou dans le futur : tout se passe au présent. Un présent qui a eu lieu ou un présent qui aura lieu. Le passé est une trace du maintenant stockée dans ma mémoire et le futur en est une projection, imaginée par mon esprit. Lorsque je le concentre dessus, je le fais dans le maintenant. C'est tout ce qui existe. Le passé et le futur ne sont qu'une pâle réflexion de lumière et de la puissance de maintenant.

Finalement, ma situation de vie, avec le futur et le passé, est un brouillard, ma présence consciente est une lampe torche et le moment présent est l'espace clair qu'elle crée devant moi.

Tolle conseille2 d'accepter le moment présent, comme si je l'avais choisi, puis agir avec lui, comme un allié, plutôt que contre lui. Pour lui, il y a dans cette acceptation une façon de transformer miraculeusement toute ma vie.

La peur peut avoir beaucoup de causes. Peur de la perte, de l'échec, de la souffrance, mais au fond toute peur est la peur que l'égo ressent face à la mort et l'anéantissement. Ainsi le secret de la vie est de mourir avant de mourir, de me rendre compte qu'il n'y a pas vraiment de mort, afin de me libérer3 de la peur qui l'accompagne.

La mort n'est pas le contraire de la vie. La vie n'a pas de contraire. Le contraire de la mort est la naissance.4

Je peux être triste, mais en même temps profondément en paix, car dans l'acceptation de ce qui est. C'est ce que je peux chercher à ressentir face à ma propre mort ou à celle d'un proche.

Mon esprit, mon mental n'est pas dysfonctionnel en tant que tel, mais il le devient si je le confonds avec moi-même. Il peut prendre, à ce moment-là, le contrôle de ma vie.

Au moment où je réalise que je ne suis pas présent, je le deviens.

Le satori, cet éveil recherché par les pratiquants du zen, ce moment de présence totale et de libération du mental est un bref flash de l'illumination. Même s'il ne dure pas, je dois en être plein de gratitude, car il m'en donne le goût.

Je ne peux pas me transformer ou transformer l'autre, je peux simplement créer un espace où la transformation peut se faire, où la grâce et l'amour peuvent entrer. Cet espace d'amour et de présence permet à toute chose et toute personne d'être qui il est, et c'est le plus grand catalyseur de transformation qui existe.

Sermon sur le corps :

Ce que vous percevez comme une structure physique dense appelée le corps, et qui est sujet à la maladie, à la vieillesse et à la mort, n'est en fin de compte pas réel : ce n'est pas vous. C'est une fausse perception de votre réalité essentielle qui se situe au-delà de la naissance et de la mort et qui est due aux limitations de l'esprit qui, ayant perdu contact avec l'Être, crée le corps comme preuve de sa croyance illusoire en la séparation et pour justifier son état de peur. Mais ne vous détournez pas du corps, car au sein de ce symbole du périssable, de la limitation, de la mort, et que vous percevez comme création illusoire de l'esprit, se cache la splendeur de votre réalité essentielle et immortelle. Ne dirigez pas votre attention ailleurs dans votre recherche de la Vérité, car vous ne la trouverez pas ailleurs qu'à l'intérieur de votre corps.

Ne luttez pas contre le corps, car ce faisant vous luttez contre votre propre réalité. Vous êtes votre corps. Le corps que vous voyez et touchez n'est qu'un léger voile d'illusion. En dessous se trouve l'invisible corps intérieur, la porte de l'Être, de la Vie Non Manifestée. Par le corps intérieur, vous êtes inséparablement reliés à cette Vie Une et non manifestée — sans naissance, sans mort, éternellement présente. Par le corps intérieur, vous ne faites pour toujours qu'Un avec Dieu.


  1. Eckhart Tolle, The Power of Now: A Guide to Spiritual Enlightenment, 2004. ↩︎

  2. À relire : de « je dois » à « je choisis » . ↩︎

  3. À relire : cette vie nous est donnée . ↩︎

  4. À relire : d'ici la mort . ↩︎