Présupposés de la PNL

8 axiomes, voire principes de vie, pour changer sa relation au problème et le dissoudre

J'ai eu l'occasion de parler de Programmation Neuro-Linguistique à quelques occasions. C'est une approche intéressante qui a influencé le coaching que je pratique. Robert Dilts, à qui on doit notamment le modèle des niveaux logiques1, partage2 des « présupposés à propos de nous-mêmes, de notre comportement et du monde. »

Ces 8 principes de vie peuvent aussi constituer un exercice explicite d'exploration et d'enrichissement d'une situation qui n'a pas été satisfaisante, par exemple interpersonnelle. Il me suffit de prendre chacun d'entre eux et de regarder comment ils modifient ma perception et ma compréhension de ce qui s'est joué.

La carte n'est pas le territoire. Chaque personne possède sa propre carte du monde. Il n'y a pas une carte meilleure qu'une autre.

J'ai ma façon de voir les choses – elle est influencée par ma culture, mon éducation, mes croyances, mes expériences – et elle n'est pas meilleure que les autres. La première partie est un axiome fondamental, issu de la sémantique générale, sur lequel j'ai déjà écrit ici3. La seconde partie est plus une croyance aidante qui peut me mettre en meilleure condition d'accueil de l'autre et de transformation intérieure.

Exercice proposé : prendre 2 points de vue très différents du mien pour observer à nouveau la situation.

À un certain niveau, tout comportement est (ou fut un moment) sous-tendu par une intention positive. Du point de vue de la personne qui exprime ce comportement, il est (ou fut perçu) comme approprié au contexte dans lequel il est (ou fut) mis en œuvre. Il est plus facile et plus constructif de répondre à l'intention plutôt qu'à l'expression du comportement « problème ».

J'ai écrit sur ce sujet à propos du rasoir d'Ockham et du rasoir de Le Gendre4. La première phrase représente une croyance fondamentalement transformante pour moi. Elle change complètement la vision que je peux avoir du monde. Elle peut créer une forte dissonance cognitive parfois, notamment face à des situations où je me sens agressé. La dernière phrase en découle naturellement, mais crée un rapport très différent aux situations « à problème. »

Exercice proposé : prendre en considération l'intention positive qui est derrière le comportement associé au problème ou la situation.

Les personnes adoptent le meilleur choix possible, compte tenu de leurs possibilités et de leurs capacités et en fonction de ce qu'ils perçoivent de valable pour eux dans leur modèle du monde.

Celle-ci va encore un cran plus loin que la précédente. Non seulement je pars toujours d'une bonne intention, mais en plus, je fais du mieux que je peux, compte tenu de qui je suis. C'est une invitation à entrer en amitié avec soi-même et avec les autres et à reconnaître nos efforts plus que nos résultats.

Exercice proposé : considérer le problème ou la situation à partir d'au moins trois points de vue (le mien, celui de l'autre, celui d'un observateur).

Il n'est pas possible d'isoler du système l'une de ses parties. Les individus ne peuvent pas ne pas s'influencer l'un l'autre. Les interactions entre individus forment des boucles rétroactives, de sorte qu'une personne sera affectée par le résultat de ses propres actions à l'égard des autres.

C'est une croyance issue de la cybernétique et reprise par l'école de Palo Alto (systémique) et notamment Watzlawick5. Par exemple, en tant que coach, je me considère comme faisant partie du système et pas comme extérieur à la boîte noire du coaché. Elle est aussi à l'origine de la métaphore du couple sur un bateau6.

Exercice proposé : s'interroger sur la mesure avec laquelle je participe à la création et au maintien d'un problème ou d'une situation.

Toutes les interactions au sein d'un système n'interviennent pas au même niveau. Ce qui est positif sur un niveau peut-être négatif à un autre. Il est utile de séparer le comportement de ce que l'on est, pour isoler l'intention positive, la fonction, la croyance, etc. qui génère le comportement du comportement lui-même.

On retrouve ici la notion de types logiques, proche de la cybernétique et développée par Watzlawick7 ainsi que les niveaux logiques1 de la pensée. Écraser la pyramide de qui nous sommes, en confondant notre identité et nos comportements, cause de nombreuses souffrances, chez les autres et chez moi.

Exercice proposé : considérer quel type de facteurs peut influencer le problème ou la situation avec les questions spécifiques à chaque niveau1 (Environnement : où et quand ? ; Comportement : quoi ? ; Capacité : comment ? ; Croyances et valeurs : pourquoi ? ; Identité : qui ? ; Système : qui d'autre ou quoi d'autre ?)

On ne peut attribuer une signification à un comportement (ou une réponse, une expérience…) sans avoir une connaissance du contexte dans lequel il a été initié. Il en est de même pour les réponses générées ultérieurement. Tout comportement (ou réponse, ou expérience) peut servir de ressource ou de limitation selon la façon dont ils interagissent avec le reste du système.

On le répète : il n'est pas judicieux de sortir un élément de son contexte ! Autrement dit, une croyance peut avoir été aidante à un moment de la vie et devenir limitante quelques années plus tard. Le changement étant permanent, le contexte va évoluer et notre position dans le système va être amenée à changer. C'est le sujet numéro 1 d'un coaching, reconnaître une croyance limitante, la remercier pour le rôle positif qu'elle a joué et l'intention qu'elle servait puis la transformer pour libérer un frein.

Exercice proposé : considérer le problème ou la difficulté à partir de plusieurs moments différents (par exemple long terme, court terme, passé, présent, futur).

Les cartes qui sont les plus porteuses de sagesse et de compassion sont celles qui offrent les choix les plus larges et les plus riches, plutôt que d'être les plus réelles ou exactes.

Celle-là est la source d'une transformation profonde en train de se jouer en moi. Je viens d'un monde de précision – je suis un ingénieur et j'adore coder – et je prends conscience de la limite de cette approche dans les relations interpersonnelles et en moi. Le déclencheur : mes enfants et ma conjointe !

Exercice proposé : clarifier la perspective, le niveau et l'espace à partir desquels j'ai expérimenté le problème ou la situation.
Je rajoute : se reconnecter aux besoins profonds de chacun, en mode CNV8.

Pour pouvoir « survivre » dans un système et s'y adapter avec succès, le membre de ce système a besoin d'un minimum de flexibilité. Cette flexibilité doit être proportionnelle aux variations du reste du système. Plus un système devient complexe, plus de flexibilité est requise. Si ce que vous faites ne permet pas d'obtenir la réponse souhaitée, alors changez votre comportement jusqu'à ce que vous l'obteniez.

On retrouve ici la loi de la variété requise9, un concept important de cybernétique.

Exercice proposé : m'assurer que j'ai au moins trois choix différents pour répondre au problème ou à la situation.


  1. À relire : les niveaux logiques de la pensée . ↩︎

  2. À lire en entier sur le site de l'Institut Repère, qui propose notamment des formations à la PNL avec Robert Dilts. ↩︎

  3. À relire : la carte et le territoire ou bien le mot et la chose . ↩︎

  4. À relire : le rasoir d'Ockham . ↩︎

  5. J'en ai parlé à propos du biais d'observation . ↩︎

  6. À relire : madame et monsieur sont sur un bateau . ↩︎

  7. Paul Watzlawick, John H. Weakland et Richard Fisch, Changements. Paradoxes Et Psychothérapie, 2014. ↩︎

  8. À relire : la communication non violente . ↩︎

  9. J'écrirai probablement sur ce sujet ici. ↩︎