Défauts des enfants

Tout ce qu'on leur reproche a une source et un reflet

Ceux qui élèvent des enfants le ressentent sûrement.

C'est très gratifiant et je les aime de tout mon cœur, mais c'est aussi souvent très dur et frustrant. La nature est tellement bien faite que ce premier ressenti domine tout juste le second !

Dès 1688, Jean de La Bruyère écrivait1 :

Les enfants sont hautains, dédaigneux, colères, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés ; ils rient et pleurent facilement ; ils ont des joies immodérées et des afflictions amères sur de très petits sujets ; ils ne veulent point souffrir de mal, et aiment à en faire

J'y retrouve, en partie, mes enfants. Ils sont parfois ingrats, très centrés sur les propres besoins.

Mais le coup de massue de La Bruyère arrive juste après :

Ils sont déjà des hommes.

Mes enfants sont des miroirs de moi-même, ils se comportent comme moi. Ils apprennent de moi. Le nombre de fois où je reconnais finalement, dans un comportement que je réprouve chez mon enfant, le reflet de mes propres actions ! Cela invite à l'humilité dès qu'on est un tant soit peu honnête avec soi-même.

Seulement, parce que je les élève, je les regarde autrement que moi-même. Je les tiens à un standard plus élevé, justement, que moi-même.

Et pourtant, j'ai eu 30 ans de plus pour pratiquer le savoir-être. Et leur cerveau est moins mature émotionnellement.

Peut-être serait-il temps que je les laisse un peu tranquilles sur ces sujets ? Je le fais bien avec moi-même.


  1. J. de La Bruyère, Les caractères, 1688. Cité par Ryan Holiday dans cet article en anglais. ↩︎