Un certain accord

Ralph Stacey propose un outil permettant de prendre de meilleures décisions (notamment au sujet de l'adoption ou de l'adaptation de processus) en les classifiant selon 2 dimensions :

  • leur degré de certitude
  • leur niveau d'accord, de consentement

Selon le positionnement du sujet en question sur la matrice, son inventeur propose 5 techniques qui selon lui permettrait d'éviter les voeux pieux ou la politique et la bureaucratie :

  1. proche de l'accord et proche de la certitude : c'est la zone de la simplicité. Vous êtes d'accord sur les résultats attendus et certain du chemin pour y parvenir. Il ne reste qu'à planifier les actions prévues et suivre les résultats en regard du plan. Répétez ce qui fonctionne.
  2. loin de l'accord et proche de la certitude : c'est la zone du compromis. Vous savez comment obtenir des résultats mais vous n'êtes pas d'accord sur ceux que vous souhaitez voir apparaître. C'est dans cette zone que se joue le plus la politique : il faut construire une coalition, négocier et trouver des compromis afin d'arriver à une direction commune.
  3. proche de l'accord et loin de la certitude : c'est la zone d'expérimentation. Vous savez ce que vous voulez mais pas comment l'obtenir. Un plan précis ne sert à rien. Il faut plutôt matérialiser la vision commune et s'orienter vers en explorant différents chemins, en fonctionnant par itération courtes et capitalisant sur ce qui fonctionne.
  4. loin de l'accord et loin de la certitude : c'est la zone du chaos. Les méthodes traditionnelles de visualisation et de planification ne fonctionnent plus. En général, c'est le territoire de l'évitement où personne ne souhaite se confronter à la décision. C'est évidemment une stratégie court-terme de protection qui annonce un désastre à long-terme. Essayez de travailler de façon itérative sur l'une des dimensions (par exemple en capitalisant sur vos ressources internes et votre capacité d'adaptation, ce qui peut réduire l'incertitude) pour ramener la décision dans une zone gérable.
  5. la limite du chaos : c'est la zone de complexité. Ici, les techniques de management traditionnelles sont inefficaces. C'est ici qu'il faut capitaliser le plus sur l'intelligence collective afin de faire émerger de la créativité et de l'innovation permettant de se libérer du passé et de mettre en place de nouveaux modèles opérationnels.

En quoi ça me parle

Dans l'entreprise, le changement (de l'environnement concurrentiel, des besoins des utilisateurs, etc.) entraine nécessairement des prises de décision. Cette matrice peut aider à adopter les bonnes stratégies pour s'assurer qu'elles se matérialisent.

La prochaine fois que vous avez une décision à prendre (surtout si elle ne concerne pas que vous), essayer de la positionner sur ces 2 axes : cela pourrait vous aider à vous clarifier.