Indifférents préférés

Comment prendre du recul sur ce qui m'arrive et choisir le bon niveau d'objectifs ?

Concept

Le stoïcisme est une philosophie ayant pour objectif de permettre à ses adeptes de vivre une « bonne » vie : de l'observation de quatre vertus – sagesse, courage, tempérance et justice – en toutes circonstances, il découlera de nombreux bienfaits. C'est une philosophie de vie qui m'a toujours beaucoup intéressé.1

Une notion que les stoïciens ont introduite et qui a enrichi ma façon de voir la vie est celle des indifférents préférés.

Pour les stoïciens, le plus important est la vertu. C'est un type logique2 à part que l'on doit rechercher à tout prix. Mais en dessous de la vertu, il y a des choses qu'on peut préférer ou non.

On les appelle « indifférents », car ils ne peuvent pas être comparés à la vertu. Ils sont ni bien ni mal au sens éthique. Mais entre eux, ces indifférents peuvent être comparés.

Pour bien la comprendre, regardons des exemples de cette hiérarchie :

  1. vertu – p. ex. être honnête, courageux
  2. indifférent préféré – p. ex. être riche, avoir du succès
  3. indifférent non préféré – p. ex. être pauvre, malade
  4. vice – p. ex. être lâche

Le fait qu'ils me soient indifférents ne veut pas dire que je vais les refuser. J'accueillerai très favorablement le fait d'être riche ! Mais, contrairement aux vertus, je ne dois pas avoir comme objectif de vie de les atteindre ou de les éviter. Je serai content de chercher à mettre dans ma vie des indifférents préférés plutôt que non préférés. Mais à la fin, avec du recul, je dois rester indifférent à leur obtention ou non…

Réaction

Par exemple, un sportif pour qui l'important est de « donner le meilleur de ce qu'il a » pourra voir le fait de gagner comme un indifférent préféré.

L'indifférent préféré peut se mettre au service de la vertu. Et on retrouve ainsi la nécessité, déjà partagée ici, de transformer une fin en moyen, quelque chose qui me rend esclave en quelque chose qui travaille pour moi.3

Pour aller un cran plus loin, je crois profondément à la création pour moi d'un système de vie donc les conséquences sont des indifférents préférés (richesse, etc.), mais donc les objectifs sont d'une autre nature, beaucoup plus profonde ou spirituelle. C'est une chose à laquelle je travaille activement depuis quelques années.

Je ne dis pas que c'est forcément facile à appliquer. Mais cette notion a beaucoup fait bouger mes modèles mentaux, notamment au sujet de la réussite.

Invitation

Qu'est-ce qui serait différent si je me remettais mes objectifs au bon niveau et que j'acceptais les indifférents pour ce qu'ils sont ?


  1. À relire : pensées pour lui-même↩︎

  2. À relire : niveaux logiques.
    Paul Watzlawick, John H. Weakland et Richard Fisch, Changements. Paradoxes Et Psychothérapie, 2014. ↩︎

  3. À relire : de la fin au moyen↩︎