Loi de Miller

Nous avons une mémoire/conscience de poisson rouge – #UX 11/20

Cet apprenti-sage fait partie d'une série où j'explore la transposition de lois de l'UX design1 à la relation intra- et inter-personnelle – notamment dans le contexte du coaching.


Dans le contexte de l'UX, cette loi dit2 :

Une personne normale ne peut garder que 7 (plus ou moins 2) éléments dans sa mémoire de travail

La mémoire de travail est celle que nous utilisons en permanence et de façon automatique pour fonctionner dans le présent. Ainsi la Loi de Miller nous dit que nous ne pouvons avoir conscience que d'environ 7 choses en même temps. Le reste est soit inconscient, soit inutile dans l'instant.

C'est important de le savoir lorsque l'on souhaite avoir une discussion transformative avec quelqu'un. Ça peut être dans le cadre d'un coaching, mais aussi à l'occasion d'un entretien de carrière avec un de ses collaborateurs ou bien simplement pour parler d'un sujet important avec son conjoint ou son enfant.

Déjà, il faut s'assurer que le moment et l'endroit sont propices à la discussion. Les stimuli extérieurs doivent être minimisés afin de ne pas monopoliser l'attention et pouvoir se concentrer sur ce qui doit être abordé. On doit s'assurer que l'autre personne, tout comme soi-même, est dans une disposition à avoir cette discussion, qu'il n'y a pas de sujet majeur de préoccupation qui va faire concurrence à la discussion dans la conscience limitée de chacun.

Ensuite, il faut procéder par étape afin de ne pas embarquer trop de choses d'un coup car on sait maintenant qu'elles ne pourront être considérées en même temps. Si le sujet est complexe, il faut prendre le temps de le déployer et de servir les arguments à la suite, sans tout donner d'un coup. Un certain sens du story-telling peut être aidant.

Ces prérequis sont indispensables par exemple dans le cadre d'un feedback afin de s'assurer qu'il « passe » pour le mieux.

Dans le coaching que je pratique, on travaille par exemple sur l'association du coaché à une situation donnée : on lui fait revivre le moment comme s'il y était et explorer ce qui se passe en lui, notamment les sensations physiques de son corps mais aussi ses émotions. On emploie une méthode assez systématique d'exploration des sous-modalités (le VAKOG) : visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et gustatif. Cette technique permet notamment de saturer sa conscience de ces éléments et ainsi de faire sortir – il n'y a plus de place – les éléments trop mentaux qui sont des constructions parfois trop artificielles.

Enfin, je vois un lien entre la Loi de Miller et la Loi de Prägnanz3. Une raison pour laquelle les gens voient les choses de façon plus simple qu'elles ne sont est bien parce qu'ils cherchent à en avoir une image complète en conscience et la Loi de Miller leur interdit d'avoir trop de détails en même temps en tête.


  1. l'UX (qui vient de l'anglais User eXperience) est l'expérience que l'utilisateur a en interagissant avec un produit/service. et l'UX design est la conception de telles expériences satisfaisantes ↩︎

  2. traduction personnelle de la loi décrite ici ↩︎

  3. pour rappel, la Loi de Prägnanz dit les gens ont tendance à des objets complexes sous leur forme la plus simple ↩︎