Nature et psyché

« La civilisation nous salit, la nature nous purifie »

À propos de l'effet de la nature sur l'homme, Carl Jung écrit1 :

Dès que nous touchons la nature, nous devenons propres. […]

Ceux qui ont été salis, par excès de civilisation, éprouvent le besoin d’aller se promener en forêt ou d’aller se baigner en mer. […]

Ils vont secouer leurs chaînes et permettre à la nature de les toucher. Cela peut se faire de l’intérieur ou de l’extérieur. Se promener dans les bois, se coucher dans l’herbe, se baigner dans la mer, c’est recevoir la nature de l’extérieur. Entrer dans l’inconscient, entrer en vous-mêmes, à travers les rêves, c’est toucher la nature de l’intérieur et cela revient au même, car les choses sont remises en place.

Je ressens très fort l'effet purifiant de la nature.

Je m'y sens plus apaisé. Je m'y trouve plus prompt à entrer en moi. J'y construis des projets, nourris des aspirations. J'y explore mes rêves et mes besoins profonds. Je m'y recharge en énergie.

Et en même temps, j'y suis très présent. À l'écoute du bruissement des feuilles, foulées par un animal. À la vue des couleurs qui se mélangent. À l'odeur de la sève et de l’humus. Au toucher de la mousse. Au goût de l'humidité dans ma bouche.

J'ai l'impression d'y être en paix, tout simplement.2

Qualifier de salissure l'excès de civilisation peut paraître un peu dur, mais Jung l'explique : « la matière qui n’est pas à sa place n’est que de la saleté. » Et effectivement, dans notre civilisation, je peux noter un certain nombre de choses qui ne sont pas à leur place. Alors que dans la nature, cela ne m'est jamais arrivé hormis de la main de l'homme.


  1. Jung, Carl Gustav, et Jean-Pierre Cahen. L’analyse des rêves : notes du séminaire de 1928-1930. Paris : Albin Michel, 2006. ↩︎

  2. et être en paix, ça améliore le monde ↩︎