Permission + Protection = Puissance

Deux ingrédients indispensables pour agir

La règle des 3 P a été formulée en premier par Pat Crossman1 sous la forme « la permission sans protection est inefficace. » Cette idée est reprise rapidement par les analystes transactionnels, un champ de la thérapie puis du coaching développé par Eric Berne2.

Pour faire simple, si je crée un cadre de protection et de permission, les individus qui y évoluent vont pouvoir exprimer leur puissance. Ce dernier mot fait parfois peur, mais il s'agit simplement au départ de « la faculté de produire un effet. » On parle donc simplement de capacité d'agir.

Par exemple, en tant que parent, je peux créer ce cadre pour mes enfants – c'est l'origine de l'idée, utilisée initialement en thérapie familiale. En tant que manager, je peux créer ce cadre pour mon équipe. En tant que source3, je peux créer ce cadre pour mon collectif.

La protection passe par l'apport d'un cadre qui contient en général4 :

  • la sécurité psychologique : c'est la croyance qu'une équipe est capable d'accepter la prise de risque interpersonnel sans jugement, par exemple admettre une erreur, poser une question ou proposer une nouvelle idée ;
  • la structure et la clarté : c'est la compréhension des membres des attentes de leur travail (objectifs spécifiques, réalistes, stimulants), du processus pour remplir ces attentes et de l'importance de la performance de chacun pour la performance collective ;
  • le sens : c'est la capacité individuelle à trouver du sens (sécurité financière, soutien à la famille, entraide, réalisation) dans ce que les membres font ou dans la manière dont ils le font.

En me rapportant aux états du moi5 de l'Analyse Transactionnelle (AT), j'utilise ici les compétences du parent normatif dans sa version positive.

La permission est une attitude soutenante et ouverte. Elle va permettre à l'enfant ou aux membres de l'équipe de tester des choses, de se mettre en risque. C'est l'un des bénéfices de la sécurité psychologique.

En revenant à l'AT, j'utilise ici les compétences du parent nourricier.

Ces deux P sont importants et s'équilibrent. La permission permet de contre-balancer la protection qui peut être trop rigide, intransigeante ou contrôlante. La protection permet de contre-balancer la permission qui peut être étouffante, ou perdre le souci de l'efficacité.

On retrouve cette idée, qui m'est chère, du cadre qui libère6.

Lorsque ces deux P sont présents, alors les conditions sont réunies pour l'expression du troisième P. L'enfant, l'équipe ou le collectif se trouve en capacité d'agir et d'exprimer sa puissance.

Et c'est aussi valable pour moi-même. Si je crée un espace de protection et de permission pour mes propres actions, alors je peux déployer ma propre puissance.


  1. P. Crossman, « Permission and Protection », Transactional Analysis Bulletin, 1966, 5 (19), p 152-154. ↩︎

  2. À relire : états du moi  ; positions de vie  ; nos drivers↩︎

  3. Stefan Merckelbach et Peter John Koenig, Un petit livre rouge sur la source, 2020. ↩︎

  4. À relire : un autre Aristote↩︎

  5. À relire : états du moi↩︎

  6. À relire : guerrier de la lumière  ; prédécision  ; procédure / options↩︎