Proactif / Réactif / Passif

Méta-programme – comment est-ce que je passe à l'action ?

Dans la série1 mon cerveau me joue des tours2, rubrique mes méta-programmes3, je demande le méta-programme proactif / réactif / passif.

C'est un méta-programme du champ de la décision. Il décrit la façon dont je passe à la réaction, notamment en lien avec des changements de mon environnement.

Lorsque je suis en mode proactif, j'anticipe et je me prépare à différentes options. J'agis en avance de phase, et en gardant le contrôle sur mes choix et parfois sur leurs conséquences. Ainsi, je me mets en responsabilité de mes actions et j'en assume les résultats, bons ou mauvais.

Lorsque je suis en mode réactif, j'attends que les changements extérieurs soient là pour faire quelque chose. J'agis ainsi souvent dans l'urgence. Ainsi, je suis plus facilement affecté émotionnellement par ce qui m'arrive et je laisse cet état être tributaire du comportement des autres ou des aléas du quotidien.

Lorsque je suis en mode passif, je laisse les choses se dégrader en ne me concentrant pas sur les sujets urgents ou importants. Je peux être dans une forme de procrastination et me laisser porter, sans vraiment avoir d'objectifs. Ainsi, je vais probablement passer du temps à me plaindre sans forcément faire quelque chose pour améliorer mon sort.

En fonction des moments et des environnements, je bascule d'un mode à un autre.

Même si le mode proactif semble le plus indiqué pour mener sa vie, il y a des moments où il peut être contre-productif. Déjà parce qu'il me fait vivre perpétuellement dans le futur et dans l'anticipation, ce qui me coupe du présent. Aussi, car je peux privilégier à tort une version du futur ou agir de façon impatiente en n'ayant pas toutes les informations nécessaires pour faire un bon choix. Enfin, il peut me mettre dans une course perpétuelle, vaine et épuisante à essayer de maîtriser des choses que je ne contrôle pas.

Dans une situation d'agression par exemple, l'un ou l'autre de ces modes peut-être le plus indiqué, en fonction des conditions exactes, mais aussi de la conception du monde que l'on a.

Une autre raison pour laquelle le choix ne doit pas se porter sur le plus évident apparaît lorsque je prends un point de vue systémique : mon mode de fonctionnement a des conséquences sur le mode de fonctionnement de mon entourage. Par exemple, dans l'éducation, rester parfois passif peut libérer un espace qui permet à l'enfant de devenir réactif ou proactif.

Ainsi, je pense que l'important est de choisir consciemment le mode qui semble le plus approprié aux choses qui nous arrivent. Il semble aussi utile de découpler préparation et action4 : être bien préparé, en compréhension et anticipation de ce qui arrive, mais sans forcément agir dans la foulée.

Comme tous les autres3 méta-programmes, c'est aussi quelque chose à utiliser avec bienveillance afin de mieux communiquer avec l'autre en détectant et s'adaptant à son fonctionnement naturel. Et pas pour le manipuler ! Comme dirait l'autre : ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant…

Ça me donne envie de me poser plus souvent la question : est-ce que je suis dans le bon mode là ? Est-ce que c'est le plus bénéfique pour moi et pour mon système d'être proactif, réactif ou passif ? Dans le contexte du changement climatique, ça m'interroge particulièrement…


  1. J'essaie de documenter différents méta-programmes, une fois par semaine, comme je l'avais fait pour les biais cognitifs et pour les lois de l'UX . ↩︎

  2. Cette expression est inspirée du titre du livre : Albert Moukheiber, Votre cerveau vous joue des tours, 2019. ↩︎

  3. Les méta-programmes sont des modes de fonctionnement de haut niveau qui influencent ma perception, mon évaluation d'information, ma motivation et ma décision. C'est un concept issu de la Programmation Neuro-Linguistique . ↩︎

  4. À relire : incertitude en v . ↩︎