Ressources intangibles

Celles qui restent et sont plus saines

Ryan Holiday a abordé il y a quelque temps1 un sujet qui m'est cher2 : comment élever nos enfants dans une logique non matérialiste ? Ou au minimum, moins matérialiste.

C'est une envie assez présente chez moi, qui se renforce lorsque je vois le bazar qu'ils peuvent mettre dans leur partie de la maison et la quantité de choses qu'ils gardent, une partie non négligeable étant leur propre production.

Holiday est américain et il note que dès leur plus jeune âge, nos enfants sont soumis à la pression des publicités qui leur disent : « Tu seras plus heureux avec plus de choses. Ces choses définissent qui tu es. » Je ne connais pas précisément le quotidien des petits Américains, mais j'imagine que ça doit être un cran au-dessus des petits Français au sujet des sollicitations du marketing.

Je pense qu'on s'est immunisé contre une partie de ce fléau en ne regardant pas la télévision, mais simplement un dessin animé, choisi en famille, une à deux fois par mois, sans interruption publicitaire. Et ils n'accèdent en autonomie à aucun écran.

Les publicités sont tout de même présentes dans leur vie – magazines, catalogues de Noël, rare épisode d'un documentaire type C'est pas sorcier sur une plateforme vidéo – et la fièvre acheteuse s'acquiert tôt : il suffit qu'ils récupèrent un peu d'argent de poche pour qu'ils veuillent tout de suite aller acheter tout ce qui passe devant leurs yeux. Encore une fois, étant dans un petit bourg, nous avons la chance de pouvoir minimiser les dégâts en ayant comme principal terrain de jeu la librairie locale.

Malgré tout, comme ils sont bricoleurs et créatifs, ils produisent tout de même beaucoup de choses.

Donc une forme d'accumulation est toujours présente, probablement renforcée par le revers d'une croyance forte que nous leur avons transmise contre le gâchis, surtout alimentaire. Et le risque d'identification est bien présent.

Pour aider à s'en défaire, Holiday suggère de favoriser des activités et des expériences – ressources intangibles – plus que des possessions – ressources tangibles. De plus, lorsque ces expériences permettent de développer des compétences, les ressources intangibles s'internalisent.

On parle ici d'activités créatives, sportives, ludiques, etc. En s'attachant au processus plus qu'au résultat, au chemin plus qu'à la destination, alors les enfants restent plus détachés des choses matérielles.

Cela guide vraiment dans le choix des cadeaux :

  • favoriser des expériences plus que des objets : stage, sortie en famille, etc.
  • à défaut, choisir des objets qui permettent des expériences régulières et saines : vélo, jeux de société, livres, lego, etc.
  • que le processus de choix du cadeau soit une expérience apprenante : pour Noël, nous leur avons offert un budget à dépenser comme ils le souhaitaient dans une boutique de loisirs créatifs

Holiday souligne aussi que développer des amitiés autour de ces expériences va permettre de moins s'identifier à des choses et de moins subir une pression sociale. C'est probablement très vrai tant que ne s'installe pas une compétition trop forte dans le cadre de l'expérience elle-même : je pense notamment au sport à haut niveau pour les enfants.

Ainsi notre travail, si nous l'acceptons, est de les aider à cultiver ces ressources intangibles. Amitiés, intérêts, hobby et activités qu'ils aiment faire pour le plaisir de les faire.

Et de nous interroger. Quel exemple donnons-nous sur ce sujet ? Qu'est-ce que nous valorisons ? Des ressources tangibles ou bien intangibles ?


  1. Dans un article de la newsletter pour papas Daily Dad↩︎

  2. À relire : parentalité minimaliste  ; acheter le bonheur↩︎