Hugues Le Gendre

(note n°292 du )

(note reprise dans l'almanach : aller lire la version enrichie)

Boucle du changement

Il est permanent, mais surtout, il s'entretient

L’impermanence, ça n’est pas une découverte d’hier :

Le changement semble effectivement permanent2.

Déjà, en avoir intimement et profondément pris conscience a été un grand pas dans mon chemin de vie. Ça a des conséquences très pratiques. Je peux perdre beaucoup de ce que j’ai. Bouddha dit aussi : tout dépérit. Les stoïciens disent : souviens-toi que tu vas mourir3. Mais ma situation peut aussi s’améliorer : demain est autre jour ; après la pluie vient le beau temps.

Le changement est permanent. Mais surtout, il s’entretient.

Ichak Adizes, un consultant et auteur4 en management qui a eu quelques perceptions et modélisations très intéressantes déjà documentées ici5, propose cette boucle du changement très simple, valable dans le champ organisationnel ou personnel :

Ça semble d’une évidence limpide.

Et pourtant. Combien de fois ai-je pensé que lorsque j’aurai résolu ce problème, tout sera réglé et ira mieux ? Combien d’équipes et d’entreprise sont dans cette illusion ?

Il est toujours possible de se retirer du monde, d’aller vivre dans un temple ou une grotte, et d’atteindre une convergence de son état et de son environnement qui réduit cette boucle à très peu de variations. Mais c’est le choix de peu, et ça n’est en tout cas pas le mien ! Et même dans ce cas, je pense qu’on se met en perception forte des infimes changements qui nous entourent — saisons, météo, etc.

Adizes me rappelle que la vie, c’est le changement. Et il ne le dit pas, mais il le pense sûrement : le changement, c’est la vie.

La vie est un élan, une énergie. Et l’énergie se perçoit et se matérialise dans les échanges, dans le mouvement, dans le rayonnement. L’énergie potentielle est un concept abstrait et arbitraire qui ne s’observe qu’à travers ses effets.

Si je décide de vivre, alors je rentre dans cette boucle sans fin. Plus ou moins confortable, plus ou moins contrôlée, plus ou moins subie, plus ou moins acceptée. C’est peut-être la seule chose qui ne change pas, tiens !

Et finalement, ce qui dépend de moi, c’est d’accepter ou non ce qui ne dépend pas de moi.6

Notes & références

  1. À relire : pensées pour lui-même.

  2. À relire : obligation de changement ; impossible d’agir ; .

  3. À relire : principe d’inversion ; Derek Sivers ; d’ici la mort ; programmation sans ego et pensées pour lui-même.

  4. I. K. Adizes, Mastering Change: The Power of Mutual Trust and Respect in Personal Life, Business and Society, 1992.
    I. K. Adizes, Managing Corporate Lifecycles: Complete Edition, 2017.

  5. À relire : PAEI ; CAPI et démocrature.

  6. À relire : ce qui dépend de toi.

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Je m'appelle Hugues Le Gendre et je convertis les problèmes complexes de mes clients en opportunités d'agir autement et de nous transformer (eux et moi).

Mes notes d'apprenti-sage sont la collection des petites choses du quotidien qui me nourrissent, modifient mes modèles mentaux, affinent ma philosophie de vie et me guident sur mon chemin d'apprenti-sage.

Une partie d'entre elles a été réunie dans un almanach : une invitation quotidienne au développement personnel et professionnel. En partageant des théories et des pratiques, documentées précisément et mises en lien avec la vraie vie, et en posant une question importante par jour, il contribue à devenir plus conscient⸱e, s'examiner honnêtement et actualiser sa propre philosophie de vie. En tout cas, ça en a été l'effet sur moi et sur des milliers de lecteurs depuis que je publie mon journal !
Il donne aussi une idée de ce que je cherche à insuffler dans mes interventions.

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