Cheminer au lieu d'interrompre

On ne peut comprendre un processus en l'interrompant. La compréhension doit cheminer au côté du flux du processus, le rejoindre et s'écouler avec lui.

Frank Herbert

En quoi ça me parle

Cette citation me parle beaucoup, notamment dans le cadre du coaching ou de l'accompagnement au sens large.

Elle implique selon moi deux choses.

Tout d'abord, je dois avoir la discipline de laisser les choses se déployer devant moi, en me retenant de vouloir interrompre sans cesse pour mieux comprendre. Faire la vivisection d'une processus revient à le tuer et donne finalement une compréhension assez artificielle de ce qui se passe. J'y vois du coup un aspect « écologique », qui implique de ma part le respect de ce qui se passe pour le laisser vivre sans perturbation.

Ensuite, il faut se laisser le temps pour bien comprendre. Une vision à un instant précis ne permet pas de comprendre une dynamique. Je fais un lien fort avec la théorie des systèmes qui démontre que même un système assez simple (avec seulement quelques composants et quelques relations) peut avoir un comportement dynamique très complexe.

Dans le coaching, on ne juge pas l'état présent du « système ». Ce qui nous intéresse avant tout, c'est l'impulsion de départ, la mise en mouvement, la dynamique naissante. Celle-ci va de toute façon tellement changer l'état du système que sa compréhension statique n'aura presque plus aucune importance très rapidement.

Enfin, cheminer avec un processus humain (le coaché) a aussi un effet en lui-même. Un peu comme la théorie quantique qui indique que le simple fait d'observer un système le modifie, il en est de même pour l'humain. Le simple fait de se sentir accompagné et pas interrompu peut avoir un impact thérapeutique fort…