Interdépendance des contraires

Dans « Changements. Paradoxes et psychothérapie », Paul Watzlawick et ses compères du groupe de Palo Alto nous met en garde contre une erreur très fréquente : croire que le contraire de quelque chose de mauvais est bon.

Il donne deux exemples, dans deux champs très différents :

la femme qui divorce d'un mari « faible » pour en épouser un « fort » découvre souvent, pour son malheur, que son deuxième mariage, qui devait être exactement le contraire du premier, est en fait plutôt semblable.

et

« Le national-socialisme ou le chaos bolchevique » demandait avec arrogance une affiche nazie, faisant croire par là, que seule existait cette alternative et que, pour tous les hommes de bonne volonté, le choix était évident.

« Erdäpfel oder Kartoffel » (patates ou pommes de terre) répondait une petite banque de papier qu'un groupe clandestin colla sur des centaines de ces grandes affiches, déclenchant ainsi une enquête massive de la part de la Gestapo.

En quoi ça me parle

Héraclite appelait cette interdépendance des contraires enantiodromia, conception reprise par Carl Jung qui y voyait un mécanisme psychique fondamental :

chaque extrême psychologique contient en secret son contraire ou s'y rattache par une relation intime et essentielle…

On y retrouve ici pour moi encore la présence et la pertinence de trouver et construire sa « voie du milieu ».

On y retrouve aussi une autre notion qui est présente dans tout le livre : pour changer durablement (dans un contexte de coaching ou de thérapie), il faut réussir à effectuer des changements de niveau 2. C'est à dire des changements complets de cadre, de modèle mentaux, par opposition à des changements de niveau 1, qui finalement reviennent à jouer le même jeu avec les mêmes règles.